Guieldu à la Foguera de San Xuan de Tresona

Corvera d'Asturies

La Nueche Celta ravive la flamme celtique de la Foguera de San Xuan

Il y a des concerts que l’on pré­pare pen­dant des semaines, et puis il y a ceux qui donnent le sen­ti­ment d’a­voir tou­jours été là, quelque part, à nous attendre. Celui du 23 juin 2026 à la Fogue­ra de San Xuan de Cor­ve­ra appar­te­nait clai­re­ment à cette deuxième catégorie.

Nous sommes ori­gi­naires de la région et nous connais­sons bien l’im­por­tance de ce ren­dez-vous. Chaque année, la Fogue­ra de San Xuan de Tre­so­na, recon­nue comme Fête d’in­té­rêt tou­ris­tique, ras­semble des mil­liers de per­sonnes autour du réser­voir pour célé­brer la Saint-Jean, le sol­stice d’é­té, autour du feu et de la musique.

Pen­dant de nom­breuses années, la musique cel­tique a occu­pé une place cen­trale dans cette grande fête popu­laire. Les prin­ci­pales for­ma­tions du folk astu­rien s’y sont pro­duites, aux côtés de groupes inter­na­tio­naux venus de dif­fé­rentes régions de la musique cel­tique. Toutes ces ren­contres ont contri­bué à créer une iden­ti­té musi­cale qui reste pro­fon­dé­ment asso­ciée à la Fogue­ra de Tresona.

La banda de música celta Guieldu actuando en la Nueche Celta de la Foguera de San Xuan de Corvera, en Trasona.

Au fil du temps, la pro­gram­ma­tion a évo­lué, avec de nou­veaux for­mats et de nou­velles pro­po­si­tions musi­cales pour conti­nuer à atti­rer un public nom­breux. Alors, lorsque la mai­rie de Cor­ve­ra a déci­dé de faire renaître cette année la Nueche Cel­ta et nous a pro­po­sé d’en assu­rer le concert prin­ci­pal, notre joie a été immense.

Pour nous, c’é­tait bien plus qu’une date sup­plé­men­taire dans le calen­drier. C’é­tait l’oc­ca­sion de retrou­ver, le temps d’une soi­rée, une par­tie de cet esprit cel­tique qui avait mar­qué la Fogue­ra de Tre­so­na et dont beau­coup se sou­ve­naient avec nostalgie.

Nous sommes donc arri­vés à Tre­so­na avec le sen­ti­ment de ne pas venir sim­ple­ment don­ner un concert, mais de par­ti­ci­per à la renais­sance d’une par­tie de l’i­den­ti­té de cette nuit si particulière.

La Ban­da de Gaites de Cor­ve­ra, sous la direc­tion de Bras Rodri­go, a don­né le coup d’en­voi avec une parade musi­cale jus­qu’au pradón, tan­dis que la nuit s’ins­tal­lait peu à peu. Le public est arri­vé pro­gres­si­ve­ment : familles, groupes d’a­mis, ama­teurs de folk et de rock, fidèles de Guiel­du, mais aus­si beau­coup de per­sonnes qui nous décou­vraient sans doute pour la pre­mière fois.

Au fil du concert, le public s’est lais­sé gagner par la musique. Cer­tains sui­vaient atten­ti­ve­ment chaque mor­ceau, d’autres dan­saient, notam­ment au rythme des danses tra­di­tion­nelles avec nos amis de Ximiel­ga la Saya, tan­dis que d’autres se conten­taient de se lais­ser porter.

Durante el concierto de Guieldu en la Foguera de Trasona el público baila animadamente danzando en corro.

C’est pré­ci­sé­ment ce que nous aimons dans les fêtes comme la Saint-Jean : lorsque la musique cesse d’être sim­ple­ment un spec­tacle pour deve­nir une par­tie inté­grante de la fête elle-même.

L’un des moments les plus émou­vants de la soi­rée est venu avec Per­dayu­ri, un mor­ceau ins­pi­ré du poème Do Not Stand at My Grave and Weep. Nous l’a­vons dédié à Ígor Medio et Car­los Redon­do, membres de Fel­peyu, dis­pa­rus il y a exac­te­ment vingt ans dans un acci­dent de la route, au len­de­main d’un concert don­né pré­ci­sé­ment à Tresona.

Dans ce contexte, les paroles de Per­dayu­ri ont pris une réso­nance toute particulière.

La fin du concert a fait mon­ter encore l’éner­gie avec Astu­rias Dan­za na Cel­tia et Irish Fleadh, avant que la musique ne laisse place à l’un des grands moments de la soi­rée : l’embrasement de la Fogue­ra. La mise à feu du bûcher a été pré­cé­dée par une superbe per­for­mance du groupe de théâtre Nun Tris et de nos amies de Caparines.

Nous gar­de­rons le sou­ve­nir d’une soi­rée par­ti­cu­liè­re­ment forte, dans un cadre impres­sion­nant, et nous tenons éga­le­ment à remer­cier l’or­chestre Teki­la, dont la mise à dis­po­si­tion nous a per­mis de par­ta­ger la scène et de pro­lon­ger la fête jus­qu’au bout de la nuit.

Puis­sions-nous main­te­nant espé­rer que ce retour de la musique cel­tique à la Fogue­ra de San Xuan ne soit pas un simple retour aux sources, mais le début d’une nou­velle étape. Car cer­taines musiques appar­tiennent à un lieu, à une fête et à une mémoire col­lec­tive. Et lors­qu’on les fait revivre, la flamme n’est jamais tout à fait éteinte.

Vidéo et photos du concert

© Pho­tos : Nacho G.S.