Notes en marge (FAQs)

Les questions les plus fréquentes sur Guieldu répondues sur une seule page

Ori­gine : Avi­lés, Astu­ries. Le nord de l’Espagne — 2019
Style : Musique cel­tique
For­ma­tion : 7 musi­ciens — ins­tru­ments tra­di­tion­nels, élec­triques et numé­riques
Langue : Astu­rien (+ mor­ceaux ins­tru­men­taux)
Album : Memo­ries de Deva — 14 titres (2025)
Récom­penses : 2 prix AMAS de la Musique Astu­rienne (Meilleure Chan­son Folk) — « L’A­re­mu » (2023), « Per­dayu­ri » (2024) ; fina­liste du concours Runas, Fes­ti­val de Orti­guei­ra (2023)
Concerts en France : Fes­ti­val Inter­cel­tique de Lorient, Fes­ti­val Inter­cél­ti­co de Sen­dim, Les Roches Cel­tiques de Saint-Étienne

Guieldu en trois phrases

  • Guiel­du, c’est la musique cel­tique contem­po­raine des Astu­ries, por­tée par une vision de l’in­ter­cel­tisme sans com­plexes : une même famille de cultures, du Finis­tère à son finis­tère asturien

  • Depuis Avi­lés, le groupe recueille la tra­di­tion orale — astu­rienne d’a­bord, atlan­tique ensuite — et la trans­forme en un voyage sonore aux influences multiples.

  • Sur scène, Guiel­du fait le pari du grand for­mat : sept musi­ciens pour une expé­rience qui va de l’in­ti­mi­té ciné­ma­to­gra­phique à l’ex­plo­sion ryth­mique qui fait sau­ter tout le monde.

1. Qu'est-ce que Guieldu ?

Guiel­du est un groupe astu­rien de musique cel­tique contem­po­raine qui marie la tra­di­tion musi­cale des Astu­ries et du nord-ouest de la pénin­sule Ibé­rique aux sono­ri­tés d’autres ter­ri­toires de l’arc atlan­tique euro­péen, dans la lignée de l’in­ter­cel­tisme musi­cal. Sa pro­po­si­tion intègre des élé­ments de folk pro­gres­sif, de folk-rock et de new age, et renoue avec la gran­deur sonore de la musique cel­tique des années 1980 et 1990 — syn­thé­ti­seurs, bat­te­rie, basse élec­trique et atmo­sphères enve­lop­pantes. Loin d’y voir un concept dépas­sé, le groupe reven­dique la « musique cel­tique » comme une éti­quette plei­ne­ment valide, moderne, et fidèle à sa phi­lo­so­phie musicale.

2. D'où vient Guieldu et quand s'est-il formé ?

Le groupe s’est for­mé à Avi­lés (Astu­ries) fin 2019, à l’i­ni­tia­tive de Héc­tor Anei­ros. La pan­dé­mie a mis les pre­miers pro­jets en pause, mais le groupe a pu reprendre les répé­ti­tions en 2021 pour finir de construire son réper­toire, avant de mon­ter sur scène pour ses pre­miers concerts en 2022.

3. Pourquoi Guieldu est-il né ?

Guiel­du est né de l’en­vie d’une nou­velle géné­ra­tion de musi­ciens qui, loin de regar­der avec méfiance le boom cel­tique des années 80 et 90, ont com­pris que cette époque avait per­mis des pro­duc­tions musi­cales d’une ambi­tion et d’un niveau jamais atteints ni retrou­vés depuis. En consta­tant qu’il ne res­tait presque plus, en Astu­ries, de groupes pour reven­di­quer ouver­te­ment cette sono­ri­té — en grande par­tie parce qu’il est aujourd’­hui peu ren­table de por­ter sur scène un pro­jet avec autant de musi­ciens et de strates sonores —, la for­ma­tion a fait le pari inverse, et choi­si d’oc­cu­per cet espace res­té vacant avec une pro­po­si­tion dif­fé­rente et ambitieuse.

4. Quel est le concept et la proposition scénique de Guieldu ?

Guiel­du se pré­sente comme une pro­po­si­tion grand for­mat : sept musi­ciens sur scène construisent un spec­tacle pen­sé pour les fes­ti­vals, les théâtres et les audi­to­riums. Le live du groupe se dis­tingue par un soin par­ti­cu­lier appor­té à l’a­cous­tique et par une mise en scène où les lumières viennent ren­for­cer ces atmo­sphères enve­lop­pantes et mys­tiques qui font sa signa­ture. Loin du mini­ma­lisme, l’i­den­ti­té scé­nique du groupe vise à offrir au public une expé­rience immer­sive, à la fois visuelle et sonore.

5. Comment le public actuel accueille-t-il la proposition musicale de Guieldu ?

Le choix de renouer avec la richesse sonore et les arran­ge­ments de la fin du siècle der­nier sus­cite une réponse très inté­res­sante en concert. En rame­nant cette sono­ri­té au pré­sent, le groupe crée un point de ren­contre natu­rel entre dif­fé­rents pro­fils d’au­di­teurs. D’un côté, le public qui a gran­di avec cette époque recon­naît immé­dia­te­ment cette filia­tion. De l’autre, pour les plus jeunes, c’est sou­vent une décou­verte totale — l’oc­ca­sion de se connec­ter à la musique cel­tique, au folk et à la musique tra­di­tion­nelle d’une manière neuve, fraîche et surprenante.

6. Que signifie le nom Guieldu ?

Dans le centre-ouest des Astu­ries, des expres­sions tra­di­tion­nelles comme « dir al guiel­du » ou « tar al guiel­du » dési­gnent le fait d’al­ler en forêt gla­ner les petits fruits tom­bés sur un ter­rain com­mun — les châ­taignes que le vent a fait chu­ter, par exemple. Le groupe s’ap­pro­prie cette idée comme méta­phore de sa démarche artis­tique : comme on glane après la récolte, Guiel­du recueille des mor­ceaux et des influences issus de la tra­di­tion orale astu­rienne et atlan­tique, pour leur don­ner une forme sonore actuelle et renouvelée.

7. Que signifie, pour le groupe, faire de la musique celtique depuis les Asturies ?

Pour Guiel­du, faire de la musique cel­tique depuis les Astu­ries est une reven­di­ca­tion iden­ti­taire qui embrasse le cel­tisme musi­cal sans com­plexes. Les Astu­ries par­tagent leurs racines avec la Galice et le reste du nord-ouest pénin­su­laire, et font par­tie de l’arc atlan­tique comme l’un des « finis­tères » d’Eu­rope — un Finis­tère espa­gnol, en somme, cou­sin du vôtre. Pour le groupe, il est essen­tiel de mettre en valeur les liens musi­caux qui unissent ce ter­ri­toire à la Bre­tagne, à l’Ir­lande ou à l’É­cosse, la mer ser­vant de colonne ver­té­brale à cette rela­tion. Une réa­li­té qui, indé­pen­dam­ment des échanges his­to­riques qui ont pu exis­ter par le pas­sé, se vit plei­ne­ment au présent.

8. Que signifie l'interceltisme pour Guieldu ?

C’est com­prendre la musique comme un élé­ment vivant qui relie les iden­ti­tés, loin de toute lec­ture raciale ou excluante. Le groupe défi­nit l’in­ter­cel­tisme comme un voi­si­nage cultu­rel en per­pé­tuelle évo­lu­tion — un lien qui fonc­tionne, pour Guiel­du, de la même façon que l’es­pace médi­ter­ra­néen : une même sen­si­bi­li­té et une même racine par­ta­gée, qui unit natu­rel­le­ment les expres­sions artis­tiques de ter­ri­toires dif­fé­rents au sein d’une géo­gra­phie commune.

9. Quel est le rapport de Guieldu à la musique traditionnelle asturienne ?

La tra­di­tion astu­rienne, et celle de tout le nord-ouest pénin­su­laire, est une source d’ins­pi­ra­tion per­ma­nente. Dans ses adap­ta­tions, Guiel­du veille à ce que la mélo­die d’o­ri­gine reste recon­nais­sable : mal­gré la moder­ni­té des arran­ge­ments et une pro­duc­tion contem­po­raine, le public peut tou­jours iden­ti­fier la racine du mor­ceau tra­di­tion­nel. Le groupe part de la musique des Astu­ries et des ter­ri­toires qui en par­tagent les racines — Galice, Can­ta­brie, León, Zamo­ra ou Tras-os-Montes — pour la mettre en dia­logue avec les tra­di­tions musi­cales de l’arc atlan­tique européen.

10. Qu'est-ce que les Asturies apportent à la musique de Guieldu ?

Au-delà de la diver­si­té et de la richesse de sa musique popu­laire, les Astu­ries apportent le pay­sage et l’i­ma­gi­naire qui défi­nissent l’at­mo­sphère du groupe. La musique cel­tique reste très liée à une esthé­tique roman­tique — nature sau­vage, brume, côtes escar­pées, mytho­lo­gie. La géo­gra­phie astu­rienne s’ins­crit natu­rel­le­ment dans ce cadre, sans rien avoir à for­cer : elle sert de toile de fond idéale pour construire les com­po­si­tions du groupe et évo­quer les atmo­sphères propres à la musique celtique.

11. Pourquoi associer instruments traditionnels, synthétiseurs, basse électrique et batterie ?

Cette fusion répond à un objec­tif pré­cis : créer une sono­ri­té ample, enve­lop­pante, par­fois même ciné­ma­to­gra­phique. Pour construire ces strates de pro­fon­deur, Guiel­du tisse ensemble ins­tru­ments acous­tiques et tra­di­tion­nels d’un côté, élé­ments élec­triques et numé­riques de l’autre. Ce son s’en­ri­chit encore de la diver­si­té des par­cours au sein du groupe, où se croisent des musi­ciens venus de la musique clas­sique, du metal, du folk amé­ri­cain — et bien sûr de la musique cel­tique. Ce mélange de bagages per­met au groupe de jouer sans com­plexe avec des nuances de rock, de funk ou de jazz, pour une pro­po­si­tion qui trouve sa place aus­si bien dans les fes­ti­vals que dans des ren­contres musi­cales très diverses.

12. Comment les chansons et compositions de Guieldu sont-elles construites ?

Guiel­du aime conce­voir ses mor­ceaux comme de véri­tables récits. Plu­tôt que de suivre des struc­tures pré­vi­sibles, les com­po­si­tions de Héc­tor Anei­ros sont sou­vent pen­sées comme le scé­na­rio d’un film — une intro­duc­tion, un nœud, un dénoue­ment — et jouent volon­tiers avec des rup­tures et des chan­ge­ments de rythme inat­ten­dus. Cette évo­lu­tion à l’in­té­rieur d’un même mor­ceau per­met aux chan­sons de fonc­tion­ner comme une tra­ver­sée sonore orga­nique, qui guide l’au­di­teur à tra­vers dif­fé­rents pay­sages, évo­ca­tions et sur­prises musi­cales, au fil d’une seule et même pièce.

13. Quelles sont les influences musicales de Guieldu ?

Côté tra­di­tion, Guiel­du s’ap­puie sur les can­cio­ne­ros, les enre­gis­tre­ments de ter­rain et le tra­vail de figures du folk­lo­risme astu­rien comme Martí­nez Tor­ner et Xosé Ambás. Côté com­po­si­tion et son, le groupe puise direc­te­ment chez les pion­niers de l’in­ter­cel­tisme — les Bre­tons Alan Sti­vell, Dan Ar Braz et Tri Yann —, dans l’at­mo­sphère des Irlan­dais de Clan­nad, ou dans l’éner­gie de groupes écos­sais comme Caper­caillie et Wolf­stone, sans oublier des artistes plus proches comme Car­los Núñez, Hevia et Luar na Lubre.

14. Qu'est-ce qui distingue Guieldu des autres groupes de fusion ?

La signa­ture de Guiel­du se res­sent dans le soin et la pro­fon­deur de ses enre­gis­tre­ments stu­dio, avec une iden­ti­té de timbre très recon­nais­sable. Sur scène, la pré­sence de ses sept musi­ciens se tra­duit par une mise en scène grand for­mat. Guiel­du recherche un équi­libre pré­cis dans ses concerts : offrir un live dyna­mique, éner­gique, en mou­ve­ment constant, tout en gar­dant la soli­di­té, la tenue et la rigueur tech­nique qu’exige le réper­toire — et que le public attend.

15. Le répertoire de Guieldu est-il fait de musique traditionnelle ou de créations originales ?

Le réper­toire du groupe com­bine natu­rel­le­ment les deux. D’un côté, des com­po­si­tions entiè­re­ment ori­gi­nales, écrites spé­ci­fi­que­ment pour le groupe. De l’autre, un tra­vail sur des mor­ceaux issus de la tra­di­tion orale, déve­lop­pés à tra­vers de nou­veaux arran­ge­ments. Cette approche per­met même d’en­tre­la­cer mélo­dies tra­di­tion­nelles et pas­sages de créa­tion nou­velle au sein d’un même mor­ceau, don­nant nais­sance à des arran­ge­ments où coha­bitent struc­tures popu­laires et genres musi­caux très variés. Cette coha­bi­ta­tion entre créa­tion propre et héri­tage tra­di­tion­nel est le vrai moteur du groupe.

16. Quel rôle joue la tradition orale dans le processus créatif de Guieldu ?

La tra­di­tion orale apporte une pro­fon­deur his­to­rique unique aux com­po­si­tions du groupe. Guiel­du uti­lise les can­cio­ne­ros et les col­lectes de ter­rain comme point de départ, char­gé de sens. Contrai­re­ment à une œuvre créée de zéro, adap­ter un mor­ceau tra­di­tion­nel, c’est dia­lo­guer avec une mélo­die qui a sur­vé­cu à tra­vers le temps. Pour le groupe, réin­ven­ter ces chants et les emme­ner vers de nou­veaux ter­ri­toires musi­caux est un voyage créa­tif fas­ci­nant, qui défi­nit l’i­den­ti­té de ses arrangements.

17. Qui compose les morceaux de Guieldu ?

L’es­sen­tiel de la com­po­si­tion et des arran­ge­ments revient à Héc­tor Anei­ros, avec éga­le­ment des contri­bu­tions de Susa­na. Les mor­ceaux ne sont pour autant jamais figés : une fois la base posée, chaque musi­cien la fait pas­ser par son propre ter­rain ins­tru­men­tal, y appor­tant sa touche per­son­nelle. Le réper­toire conti­nue par ailleurs à vivre en salle de répé­ti­tion, où le groupe ajuste les struc­tures quand la pra­tique le demande, et reste ouvert, en stu­dio, aux sug­ges­tions qui per­mettent d’af­fi­ner chaque détail.

18. Quels instruments utilise Guieldu ?

Guiel­du asso­cie ins­tru­ments tra­di­tion­nels et acous­tiques à une forte pré­sence d’élé­ments élec­triques et numé­riques. Les whistles et les oca­ri­nas occupent une place cen­trale dans les mélo­dies. La voix et le vio­lon tiennent éga­le­ment une place de choix dans l’i­den­ti­té sonore du groupe. La for­ma­tion se com­plète avec gui­tare acous­tique et élec­trique, bou­zou­ki, syn­thé­ti­seurs, basse élec­trique, bat­te­rie et per­cus­sions, avec par­fois l’ap­pa­ri­tion de la gai­ta élec­tro­nique, de la bom­barde bre­tonne, de la man­do­line ou du didgeridoo.

Cette diver­si­té ins­tru­men­tale per­met à Guiel­du de com­bi­ner timbres tra­di­tion­nels et tex­tures élec­tri­fiées, en emprun­tant aus­si des élé­ments à d’autres genres. Côté syn­thé­ti­seurs, le groupe uti­lise éga­le­ment des ému­la­tions d’ap­pa­reils vin­tage pour élar­gir sa palette sonore.

19. Pourquoi une formation à sept musiciens ?

Cette for­ma­tion à sept répond à un besoin très concret : por­ter sur scène le son de l’al­bum, et conser­ver en live la même richesse ins­tru­men­tale que le son stu­dio de Guiel­du. Chaque musi­cien couvre une par­tie de cet ensemble — des ins­tru­ments tra­di­tion­nels et acous­tiques jus­qu’aux syn­thé­ti­seurs, à la basse élec­trique et à la bat­te­rie — et cette fidé­li­té au live est, pour le groupe, une vraie valeur ajou­tée face à une scène mains­tream où l’on trouve de moins en moins de musi­ciens sur scène, et de plus en plus de musique en boîte.

20. Comment se déroule un concert de Guieldu ?

Le live de Guiel­du se construit sur le contraste entre des moments atmo­sphé­riques et enve­lop­pants et d’autres, plus intenses ryth­mi­que­ment et plus éner­giques. Le réper­toire alterne des pas­sages émou­vants, presque ciné­ma­to­gra­phiques, où mélo­dies, voix et tex­tures ins­tru­men­tales prennent le pre­mier rôle, et d’autres, plus puis­sants et ryth­més, pen­sés pour créer une connexion directe avec le public.

Cette alter­nance donne au concert sa propre pro­gres­sion et évite de main­te­nir tout le réper­toire au même niveau d’in­ten­si­té. Le réper­toire s’a­dapte aus­si au lieu et au contexte : dans un théâtre ou un audi­to­rium, la dimen­sion atmo­sphé­rique et émo­tion­nelle prend le des­sus ; sur une scène en plein air ou en fes­ti­val, c’est la par­tie ryth­mique et éner­gique qui gagne en pré­sence. Chaque concert tire ain­si par­ti des carac­té­ris­tiques du lieu et de l’ex­pé­rience qu’il pro­pose au public.

21. Qu'est-ce que Guieldu espère faire ressentir au public pendant un concert ?

Avant tout, Guiel­du cherche à créer avec le public une véri­table sym­biose. Les applau­dis­se­ments, les mou­ve­ments, les danses du public ne sont pas exté­rieurs au concert : ils font par­tie inté­grante du spec­tacle et de ce qui se joue sur scène.

La musique cherche aus­si à pro­vo­quer des sen­sa­tions dif­fé­rentes, par­fois contra­dic­toires : de l’é­mo­tion et de l’in­tros­pec­tion jus­qu’à la joie, l’éner­gie et l’en­vie de par­ti­ci­per. L’ob­jec­tif est que le public puisse se lais­ser por­ter par la musique et se sen­tir plei­ne­ment par­tie pre­nante de ce qui se passe.

22. Comment Guieldu a-t-il évolué depuis sa formation ?

Depuis sa créa­tion, Guiel­du a gagné en expé­rience sur scène et n’a ces­sé d’af­fi­ner son son, ses arran­ge­ments et sa façon de tra­vailler. L’en­re­gis­tre­ment de Memo­ries de Deva a mar­qué une étape impor­tante dans ce par­cours, tan­dis que l’ex­pé­rience du live et la réponse du public conti­nuent d’ap­por­ter de nou­velles pers­pec­tives qui nour­rissent la créa­tion de nou­velles compositions.

23. Qu’est-ce que jouer hors des Astu­ries a repré­sen­té pour Guieldu ?

Dès le départ, Guiel­du a com­pris que sa musique — même quand elle inclut des chan­sons en astu­rien — pou­vait tou­cher des publics bien au-delà de son ter­ri­toire d’o­ri­gine. C’est pour­quoi, dès ses pre­mières années, le groupe a cher­ché à por­ter sa pro­po­si­tion vers des scènes et des publics dif­fé­rents, avec des concerts dans plu­sieurs régions d’Es­pagne, mais aus­si au Por­tu­gal et en France. Cette diver­si­té de publics per­met de décou­vrir sans cesse de nou­velles façons de rece­voir la musique de Guiel­du, et fait qu’au­cun concert ne res­semble tout à fait au précédent.

24. Qu’est-ce qu’a repré­sen­té, pour Guiel­du, le fait de jouer au Fes­ti­val Inter­cel­tique de Lorient ?

Jouer au Fes­ti­val Inter­cel­tique de Lorient, en août 2025, a été un rêve deve­nu réa­li­té pour Guiel­du. Le groupe fai­sait par­tie de la délé­ga­tion astu­rienne et s’est pro­duit en concert unique Place des Pays Celtes — un contexte qui a don­né à cette expé­rience une impor­tance toute par­ti­cu­lière. Pré­sen­ter là son pre­mier album, devant un public inter­na­tio­nal et au cœur de l’un des grands ren­dez-vous de la culture cel­tique, a aus­si repré­sen­té une forme de recon­nais­sance du che­min par­cou­ru par le groupe.

25. Quels prix et reconnaissances Guieldu a-t-il reçus ?

Guiel­du a reçu deux prix consé­cu­tifs aux Pre­mios AMAS de la Musique Astu­rienne, dans la caté­go­rie Meilleure Chan­son Folk : en 2023 pour « L’A­re­mu », puis en 2024 pour « Perdayuri ».

En 2023, le groupe a éga­le­ment été fina­liste du concours Runas, au Fes­ti­val Inter­na­tio­nal du Monde Cel­tique d’Or­ti­guei­ra, ce qui lui a per­mis de se pro­duire sur la scène prin­ci­pale de l’un des plus grands fes­ti­vals de musique cel­tique d’Eu­rope. À cela s’a­joute le bon accueil réser­vé à Memo­ries de Deva par le public, qui a pla­cé l’al­bum par­mi les meilleures ventes de musique astu­rienne sur Musicasturiana.com en 2025.

26. Quelle est l'histoire derrière Memories de Deva ?

L’al­bum se pense comme un voyage sonore le long des côtes de l’arc atlan­tique euro­péen, en par­tant d’A­vi­lés et en reliant dif­fé­rentes tra­di­tions, pay­sages et influences musi­cales. Ses qua­torze titres font coha­bi­ter com­po­si­tions ori­gi­nales et mélo­dies de racine tra­di­tion­nelle — muñei­ras, danses ou reels — réin­ven­tées à tra­vers des arran­ge­ments emprun­tant au folk pro­gres­sif, au folk-rock, à la new age, au funk et au jazz.

L’al­bum est le fruit de quatre années de tra­vail et repré­sente, pour Guiel­du, un pont entre la tra­di­tion et une sono­ri­té contem­po­raine, avec une pro­duc­tion riche en strates et en nuances. Son titre est né d’une sug­ges­tion du poète Vítor Albuerne : « Deva » évoque à la fois l’île située au large d’A­vi­lés et une ancienne divi­ni­té celte. Une grande par­tie de l’u­ni­vers visuel de l’al­bum a été créée par la peintre Solom­bra, qui pro­longe par les arts plas­tiques le voyage pro­po­sé par la musique.

27. Qu'est-ce que Guieldu voulait raconter avec Memories de Deva ?

Plus qu’une his­toire pré­cise à racon­ter, Guiel­du vou­lait, avec Memo­ries de Deva, lais­ser à cha­cun l’es­pace pour son propre che­min. L’in­ten­tion n’est pas tant de racon­ter quelque chose de fer­mé que de faire naître des évo­ca­tions — un lieu, une émo­tion, un sou­ve­nir propre à cha­cun — que chaque audi­teur peut com­plé­ter avec sa propre expé­rience. L’al­bum se pense ain­si davan­tage comme une invi­ta­tion à se lais­ser por­ter que comme un récit au mes­sage unique et défini.

28. Dans quelle langue chante Guieldu ?

Guiel­du chante prin­ci­pa­le­ment en astu­rien, un choix qui fait par­tie de son iden­ti­té et de son lien avec la tra­di­tion musi­cale des Astu­ries — même si une part impor­tante du réper­toire reste ins­tru­men­tale, la musique deve­nant alors le lan­gage prin­ci­pal du groupe.

29. Que signifie, pour Guieldu, chanter en asturien ?

Chan­ter en astu­rien est un choix qui donne à la musique son authen­ti­ci­té et son ancrage. Pour Guiel­du, la langue fait par­tie inté­grante de l’i­den­ti­té du groupe et de la tra­di­tion musi­cale dont vient une bonne par­tie de son réper­toire, ce qui per­met de gar­der un lien direct avec les Astu­ries et sa culture.

Dans le même temps, l’as­tu­rien n’est en rien une bar­rière pour la musique de Guiel­du. L’ex­pé­rience du groupe hors des Astu­ries le prouve : une chan­son peut trans­mettre des émo­tions et créer une connexion avec le public, quelle que soit la langue dans laquelle elle est chantée.

30. Quel lien existe entre la musique asturienne et les autres musiques de l'arc atlantique ?

Pour Guiel­du, au-delà des rela­tions his­to­riques qui ont faci­li­té toutes sortes d’é­changes par voie mari­time — et dont l’é­tude revient aux musi­co­logues et aux his­to­riens —, la musique astu­rienne fait par­tie d’un espace musi­cal atlan­tique qui s’est construit et enri­chi au fil des der­nières décen­nies, à tra­vers l’é­change entre dif­fé­rentes tra­di­tions. Depuis le renou­veau du folk astu­rien dans les années 70 et 80, les musiques des Astu­ries dia­loguent avec celles de Galice, de Bre­tagne, d’Ir­lande, d’É­cosse et d’autres ter­ri­toires de l’arc atlan­tique, inté­grant de nou­velles sono­ri­tés sans perdre leur iden­ti­té. Guiel­du voit cette rela­tion comme un espace de ren­contre et d’é­vo­lu­tion où chaque ter­ri­toire garde sa per­son­na­li­té, tan­dis que les influences entre les dif­fé­rentes scènes musi­cales per­mettent d’in­ven­ter de nou­velles façons d’in­ter­pré­ter la tradition.

31. Qu'est-ce que Guieldu veut apporter à la scène celtique actuelle ?

Guiel­du veut appor­ter une façon de com­prendre la musique cel­tique depuis les Astu­ries, sans renon­cer à la tra­di­tion, mais sans renon­cer non plus à la liber­té de mélan­ger influences et sono­ri­tés. Le groupe veut appor­ter sa pierre à l’é­di­fice pour que les Astu­ries gardent leur propre place au sein de la scène cel­tique inter­na­tio­nale, et pour démon­trer que la tra­di­tion peut gran­dir, s’en­ri­chir de nou­veaux lan­gages et tou­cher des publics très dif­fé­rents. Sur le plan sonore, Guiel­du fait aus­si le choix de conser­ver une for­ma­tion large et des arran­ge­ments éla­bo­rés, en s’é­loi­gnant des pro­po­si­tions plus minimalistes.